Partager l'article ! Kyoto - Palais impérial et autres frivolités (Nishijin textile Center, Nijo-jo et Gion Center): Salut! ...
Bon du coup la visite a commencé sans nous mais nous l'avons quand même joué fines mouches en rattrapant au pas de course le groupe de touristes et en nous fondant dans la
masse tel les retardataires furtifs!! En avant pour la visite...en anglais s'il vous plaît quand même mesdames et messieurs, ça c'est le must ;) Même que la guide est de très bonne
volonté et est une des rares "locales" que j'ai à ce jour entendu réussir une phrase en anglais complète (oui oui avec un sujet un verbe une conjugaison et tout et tout si c'est pas
beautiful ça!) mais avec un accent anglais à couper au sabre couteau (bon en même temps vu le mien ...j'ai le droit de me moquer du coup
héhé!!)
Bref nous voilà donc au palais impérial, le Kyoto Gosho, qui fut la résidence des empereurs japonais à partir du début de la période Heian, en 794, quand Heian (la Kyoto actuelle)
remplaça Nara comme capitale, jusqu’en 1868 et la révolution Meiji, quand ladite capitale fut transférée à Tokyo. Les bâtiments actuels datent de 1855 puisque comme d'habitude un
petit incendie était passé par là quelques années auparavant. Bon la visite en elle même est quelque peu frustrante car des « gardes » nous surveillent de près histoire qu'on se
comporte en parfaits moutons touristes, qu'on s'écarte pas trop du reste du troupeau et surtout qu'on aille surtout pas perturber le
timing millimétré de la petite balade … ah qu'elle est douce la liberté de mouvement sans escorte !!! Mis à part ça , malgré la sobriété de son architecture plus que monumentale (bon
extérieure l'architecture, parce que non on ne peut pas visiter l'intérieur du palais, ben ouais faut pas pousser, on est chez les ancêtres de l'empereur mine de rien et ça
c'est sacré!), le Gosho dégage une certaine grandeur solennelle ... Autour du palais, certains des pins plantés sont taillés de telle façon qu’ils sont sensés représentés
l’Empereur écartant les bras, les mains vers le ciel... à vous de juger, j'avoue mon scepticisme persistant quant à la chose ;)
Au programme initialement on devait aussi visiter les 2 villas impériales, la villa Katsura et la villa Shugaku-in, véritables chefs d'oeuvre de l'architecture paysagiste, mais
malheureusement on ne s'est pas dits qu'il fallait peut-être s'y prendre à l'avance pour réserver la visite de ces sites ultra-touristiques mais également ultra-soumis-au-protocole : en effet,
les visites aux villas sont soumises à une autorisation préalable accordée par l'empereur l'Imperial Household Agency et les personnes
âgées de moins de 20 ans sont interdites de séjour en ces lieux sacrés, allez savoir pourquoi...et oui pour pouvoir déguster, il faut arriver à maturité ;))
Bon du coup on s'est consolés en visitant le Palais des Empereurs Retirés, le Sento Gosho, ou l'établissement pour empereurs âgés! Pour la petite histoire, originellement construit pour
l'empereur Gomizuno en 1600, le palais a été entièrement détruit en 1708, reconstruit puis redétruit puis rereconstruit puis re ah non cette
fois c'était pour de bon qu'il était debout le palais (on était donc en 1854) !! Bref visite guidée en japonais (et oui les visiteurs en masse sont...les japonais eux-mêmes, ils sont vraiment les
rois touristes partout eux, même en leur saint empire!!) mais nous on s'en fiche parce que du coup on avait droit à des écouteurs trop la classe pour les instructions explications en anglais ;) Et, comme tout lieu de villégiature qui se respecte, celui-ci possédait un jardin de toute beauté, apparement
dessiné par l'empereur lui-même, mais bon il s'est quand même fait donner un petit coup de main par le maître architecte de l'époque : Tedoshi Mosbyki Kobori Enshu.. ce qui au final a donné l’un des plus beaux jardins du Japon (mais bon perso le
jardin zen reste number one des charts pour l'instant!!).
Vous ai-je dit qu'en plus, ce jour-là, ce fut notre première journée de "grand beau" au Japon?!! Et oui un soleil de plomb, un grand ciel bleu, je commençais à me demander s'ils savaient ce que c'était ici!!
Entre ces deux palais, on s'était fendus d'une petite escapade au Nishijin Textile Center, mondialement réputé pour son atelier de tissage de kimonos. Et bien laissez-moi vous dire
qu'on n'a pas été déçus, vraiment très intéressant d'en apprendre un peu plus sur le pourquoi et le comment de ces vestimentures traditionnelles; le doux cliquetis du métier à tisser
nous attire alors tels les quidams curieux : une femme d'âge respectable nous fait une petite démo en direct-live assise à son poste de travail. Vraiment impressionnant de voir ses mains
passer agilement une navette entre les fils tendus et rabattre, par un levier en bois (le marteau?!!mes souvenirs me font faux bond!!) le fil de trame.
Mais bon pas folle la guêpe, le centre sert aussi de magasins de souvenirs-à-touristes, avec tout plein de bêtises à acheter ;)) Mais aussi des pièces uniques brodées, tissées par des
experts en la matière, que le chalant pourra se procurer pour la très modique somme de 63000yen...c'est pas du kimono de bas étage ça! Et pour allécher un peu plus l'acquéreur éventuel, des
défilés de kimono ont lieu 2 à 3 fois par jour : pas dans nos moyens bizarrement mais bon joli spectacle ;))
Kimon(o)haut en couleurs
Dernière étape visite de la journée : le Nijo-jo qui fût la résidence du premier shogun ultra-connu, Tokugawa
Ieyasu. Il est l'un des rares châteaux de la période Momoyama encore visibles aujourd'hui : en effet, cette période fut une époque de batailles incessantes pour l'unification du Japon livrée par de célèbres
chefs de guerre. Ce fut donc aussi l'époque des fortifications et des imposants jô (châteaux fortifiés) érigés pour leur défense par les daimyô (seigneurs féodaux) locaux et les
généraux qui devaient désormais combattre avec les armes à feu venues d'occident. Nombre d'entre eux (les châteaux, pas les généraux) ont ainsi été détruits par les guerres successives, mais pas
le Nijo-jo et non! Achevé au début du XVIIème siècle, il constitue l'exemple typique du
hirajirô (château résidentiel de plaine), édifié non pas sur une hauteur mais sur un terrain plat et entouré de murailles et d'un fossé. Et ce qui m'a fait le plus
plaisir, c’est qu'on a retrouvé nos fameux planchers "rossignol" (souvenir souvenir Kyoto - Geishas et
Philosophitude ) et qu'on s'est bien amusés à tenter la traversée tel le svelte quidam silencieux..sans succès je l'avoue ;)) Il est malheureusement interdit de les
photographier, ainsi que l'intérieur du bâtiment, dont les murs et les plafonds sont richement décorés dans le style de l'école Kanô...mais mon petit doigt me dit que certains oublis fortuits de
cette légère réglementation ont eu lieu..humm niveau respect du sacré c'est pas encore ça...oups!
J'aime quand je prends des photos qu'on dirait presque une carte postale trop stylée !!
Détails de la frise portale
Les toits du monde Japon
Le site comprend également un élégant jardin paysager dessiné par Kobori Enshu (maître du thé et des jardins, assez zen le monsieur!) avec étang et moult rochers aux formes diverses et variées.
Et pour profiter de la douce chaleur de cette fin de journée, nous retournons à Gion, histoire de retourner à la rencontre de mesdemoiselles les geishas.
La maiko est un peu pour la geisha ce qu'est Sam Gamji pour Frodon, ce qu'est l'âne pour Shrek, ce qu'est Obélix pour Astérix (quoique là c'est plutôt la geisha qui serait
légèrement enrobée ;)
Mais cette fois on a également assisté à un vrai spectacle au Gion Corner, LE théâtre à touristes du coin, un peu cher (compter 3150 yen) mais vraiment chouette de pouvoir apprécier une
compilation des différents arts japonais :
1/ La Cérémonie du Thé
La tradition du thé a pris naissance en Chine au VIIIème siècle et fut introduite au japon par les prêtres bouddhistes Zen à la fin de la période
Heian (XIIème siécle). L'usage du thé était destiné à lutter contre l'assoupissement au cours des longues heures de méditation (je savais bien qu'ils trichaient un peu les bouddhas!!)
Un prêtre Zen nommé Sen Rikyu créa la cérémonie du thé selon les formes qui se sont conservées jusqu'à nos jours; et je peux vous dire pour avoir pris un cours juste après le spectacle que
c'est très très codifié la cérémonie du thé, genre avant de tremper les lèvres dedans tu as bien droit à 10min de sketchs (et que je tourne le bol dans un sens,que je rince, que je
l'essuie, que je rerince, que je retourne,...;)) Mais bon les "professeurs" étaient vraiment chouettes et vu qu'on était que 4 on a eu droit à des conseils personnalisés et autres corrections
d'usage, un moment très sympa!! Surtout qu'ici, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'approbation et le goutu dudit thé sont à faire remarquer à son hôte par un joyeux et retentissant
"slurp" en fin de bol (comprendre une aspiration retentissante de la dernière lampée de breuvage)..autant vous dire qu'on s'en est donné à coeur joie, encouragé en cela par nos charmantes
instructrices qui n'ont eu de cesse de s'exclamer sur nos prouesses dégustatives ;))
2/ La musique au Koto (Harpe japonaise)
Le Koto, instrument à 13 cordes, était à ses débuts très utilisé à la Cour Impériale pour exécuter le Gagaku ou musique-spéciale-de-cour (voir plus loin)! De nos jours, il est employé avec
d'autres instruments (un peu comme la flûte traversière diront certains, il ne sert à rien tout seul ;)))
Le bouquet final
4/ Le Gagaku (Musique ancienne)
Le mot gagaku sugnifie littéralement "musique élégante" et accompagnait les banquets de la cour et les rites sacrés dans les sanctuaires et les temples. Le Gagaku (j'adore ce mot hihi!!) a
subi des transformations pour s'adapter au goût du peuple japonais et est à l'heure actuelle une forme authentique d'art classique du pays. Attention aux oreilles cependant, le son du japon
ancestral peut s'avérer très perturbant...
Alors que revoilà Mushu San...
5/ Kyogen (Comédie ancienne)
Le Kyogen est une sorte de danse jouée comme intermède entre les pièces de Noh ( ou No pour les fans de mots-fléchés ;) Le réalisme du Kyogen par opposition au symbolisme des pièces de Noh,
de même que le contenu des dialogues, lui a permis de se répandre dans les différentes sociétés japonaises, surtout celle des samouraïs qui aimaient bien rigoler en se regardant un bon
kyogen.
La pièce que nous avons eu le plaisir d'admirer s'appelait "Boshibari". Bon on n'a rien compris aux dialogues (ils avaient zappé les sous-titres) mais on a quand même bien déliré devant les
mimiques et autres sons gutturaux en provenance de la scène, et l'histoire de base était quand même easy à comprendre : en gros 2 serviteurs qui chaque fois que leur maître a le dos tourné
boivent tout son saké. Pour empêcher cela, pas fou le bougre, le maître attache les 2 compères à un bâton, puis s'en va tranquillement baguenauder aux alentours. OOOoooOO mais l'erreur!
Parce que je vous laisse deviner ce que 2 poivrots, bien qu'attachés, peuvent inventer pour satisfaire leur soifitude intense...vieux comme l'EMA le monde ;))
NB : pour des raisons indépendantes de ma volonté, les piles de mon appareil-photo ont décidé de me lâcher à ce moment-là et je ne puis donc vous faire partager ces
moments de pur délice délire en vidéo... j'ai quand même réussi à grapiller 2-3 photos lors d'une bataille acharnée avec ledit appareil,
mais ce dernier a au final réussi à emporter la victoire..Aaaa la technologie ;)
C'est à boire,
boire, boire, C'est à boire qu'il nous faut, Oh ! Oh ! Oh ! Oh !
6/ Kyomaï (Danse de Kyoto)
Issu de l'ouest du Japon, ce genre de danse a lieu non pas sur scène mais dans des salles ordinaires. Le Kyomaï naquit au XVIIème siècle et fleurit particulièrement dans la culture de la cour :
on y trouve donc l'élégance et le raffinement des manières de la cour impériale. Ces spectacles, donnés par des geishas, sont très appréciés pour leur beauté, les couleurs des costumes et la
richesse de la mise en scène...et ben c'est vrai! Bon ok nous on n'a eu droit qu'à une Maiko pour la danse (en gros une apprentie geisha) mais c'était quand même très poétique tout ça et pour une
fois qu'on avait la demoiselle sans une horde de touristes tout autour !! par contre, la même, pas de vidéo...
Et voilà!!
7/ Le Bunraku (Théâtre de marionnettes)
Etablis au XVIème siècle, il s'agit de spectacles traitan de la vie quotidienne des marchands d'Osaka qui, à cette époque, était la plus grande cité commerciale du Japon. En effet, la vie active
plus que remuante des marchands exigeait des divertissements intéressants et mélodramatiques, plutôt que des spectacles plus raffinés, où les émotions de la nature humaine, telles la joie et la
tristesse, étaient peintes avec réalisme...du théâtre pour le commun des mortels quoi, sans tout le tintouin!! La grande adresse des montreurs de poupée (oui oui c'est un vrai métier!) a permis
au Bunraku de se conserver jusqu'à aujourd'hui (et oui les messieurs en noir ne sont presque pas visibles...presque !!). Nous avons eu droit à une histoire d'amour contrarié à la Roméo &
Juliette sauce japonaise, romantiquement appelée "Oshichi (c'est le nom de la jolie demoiselle) en tour de surveillance contre les incendies"...
Vu!!
Joueur
de poupée professionnel
Allez pas d'Oshichi de chichis entre nous
1/ En prime : le fameux, l'unique, l'incomparable plancher rossignol
Recommandation: tendez bien l'oreille, le cui-cui étant peu décelable pour une oreille non avertie et peu entrainée au filtrage des bruits parasites...
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